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Carnets de voyage · Barcelone, juin 2026

Barcelone 2026 : l’architecture à regarder, à vivre et à partager

De la Casa Batlló au pavillon de Mies van der Rohe, carnet d’un séjour entre architecture, rencontres et réflexions sur la ville.

Abdeslam Mernissi

Courbes et balcons de la Casa Batlló
Casa Batlló : matière, couleur et mouvement sur le Passeig de Gràcia. Photographie : Julian Lupyan · Wikimedia Commons, CC0.

Un séjour à Barcelone peut se raconter à travers ses bâtiments, mais aussi à travers les rencontres qu’ils rendent possibles. En juin 2026, mon parcours a réuni promenades urbaines, découverte d’intérieurs, visite du pavillon de Mies van der Rohe et rencontres avec des architectes sur place.

Une capitale de l’architecture à l’échelle de la ville

Désignée Capitale mondiale de l’architecture 2026 par l’UNESCO et l’Union internationale des architectes, Barcelone invite à regarder les liens entre les bâtiments et la vie quotidienne. Le programme annonce plus de 1 500 activités dans les dix districts, de février à décembre : expositions, visites, ateliers, installations et conférences.

Cette répartition donne à la manifestation une dimension urbaine. Elle invite habitants et visiteurs à observer les lieux qu’ils traversent et à réfléchir à leur transformation. Comment accueillir de nouveaux usages ? Quelle place laisser à la mémoire ? Comment concevoir des espaces ouverts et accessibles ?

J’ai également rencontré des architectes sur place. Cette dimension humaine accompagne le récit du séjour : découvrir l’architecture, c’est aussi rencontrer celles et ceux qui la pratiquent.

Gaudí, au milieu de la vie barcelonaise

Mes photographies de la Sagrada Família gardent quelque chose du mouvement de la rue. Les tours apparaissent derrière les arbres, les véhicules passent au premier plan et les grues se détachent dans le ciel. L’édifice appartient à ce paysage en mouvement.

La Sagrada Família entre palmiers et circulation
Façade de la Nativité de la Sagrada Família. Photographie : Sagrada Família (oficial) · Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Devant la Casa Batlló, le regard se rapproche. Il suit les contours des balcons, les reliefs de la pierre et les variations de couleur. La façade offre une multitude de détails que la photographie permet de retrouver après la promenade.

Au pavillon de Mies van der Rohe

La visite du pavillon de Barcelone ouvre une autre expérience de l’espace. Les lignes horizontales, les parois de verre, la pierre et les bassins composent un lieu dont la lecture évolue avec le déplacement.

Conçu par Ludwig Mies van der Rohe et Lilly Reich pour l’Exposition internationale de 1929, le pavillon allemand fut démonté après l’événement. Sa reconstruction, inaugurée en 1986 sur le site d’origine, permet aujourd’hui d’en découvrir les espaces.

Ici, l’attention porte sur les rapports entre les éléments : une paroi qui oriente le regard, une ouverture qui prolonge une perspective, un reflet qui rapproche l’eau et la pierre. L’apparente simplicité invite à prendre le temps d’observer.

Les questions ouvertes par les conférences

Deux rencontres figuraient dans mon programme, dont l’une a été annulée. Les présentations publiques permettent d’en retrouver les thèmes ; elles ne constituent pas un compte rendu des propos effectivement tenus.

Les équipements culturels et leurs usages

« Converses desenfadades: Palau », associant Barozzi Veiga et MAIO Arquitectes à l’initiative d’ArquinFAD, proposait une réflexion sur les bâtiments culturels, à la fois repères architecturaux et lieux de service public.

Le programme abordait leur fonctionnement, leur capacité à évoluer et leur dialogue avec le contexte historique. Comment concevoir un lieu culturel qui trouve sa place dans la ville et accueille durablement des usages différents ? Cette question accompagne les visites : face à un bâtiment remarquable, on peut aussi regarder ses accès, ses seuils et ses relations avec la rue.

L’exode urbain et nos façons d’habiter

Au CCCB, la rencontre annoncée le 11 juin 2026 réunissait la journaliste et critique d’architecture Anatxu Zabalbeascoa et le cinéaste Elías León Siminiani, avec Ivan Blasi à la modération.

La présentation interrogeait les raisons du départ des villes : quelle part relève d’un choix, et quelle part des difficultés à continuer à y vivre ? Elle proposait aussi de réfléchir au devenir des villages lorsqu’ils accueillent les attentes de ceux qui quittent les centres urbains.

Le croisement avec le cinéma apportait une autre perspective : nos représentations de la ville, de la périphérie et de la campagne influencent notre désir d’y habiter. Ces thèmes invitent à penser les possibilités qu’un territoire offre à ses habitants.

Pavillon de Barcelone de Mies van der Rohe, bassin et façade vitrée
Le pavillon de Barcelone : plans horizontaux, pierre, verre et reflet. Photographie : Russ McGinn · Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5.

L’architecture des moments ordinaires

Le séjour laisse aussi des images d’intérieurs : une paroi de bois qui accueille des livres et des disques, une banquette, une lumière douce, une vue sur la végétation. S’asseoir, lire ou regarder dehors devient une expérience particulière selon les proportions et les matières qui nous entourent.

De Barcelone, je conserve ce rapprochement entre les échelles : les tours dans le ciel, les espaces du pavillon, le dessin d’une porte et les détails d’un intérieur. Les rencontres avec des architectes ajoutent des visages à ce parcours. Les questions de cette année consacrée à l’architecture donnent envie de poursuivre l’observation dans les lieux que l’on habite chaque jour.